Un constructeur de piscines en Creuse ? Au premier abord, l’idée peut paraître saugrenue car on est loin de la Côte d’Azur, les hivers sont froids et les étés pas forcément très longs. Pourtant, depuis dix ans, un constructeur de piscines sévit en Creuse. Il creuse des trous, les entoure de granit, les remplit d’eau et ce, pas seulement pour les Parisiens en vacances. Des habitants du cru ont eux aussi cédés aux sirènes d’une trempette dans une eau bleue, au milieu des champs, avec parfois en prime une vue imprenable sur une vallée.

Rencontre avec un piscinier pas comme les autres

Mak'eau, un gars qui marche sur l'eau !

L’accueil de Pierre Makowiack est chaleureux. Cheveux longs et blonds en bataille, T-shirt troué, jeans déchirés, la cinquantaine baba-cool. Ce qui ne l’empêche pas de rouler en Mercedes. « Question d’image », explique-t-il. Il y a dix ans, Pierre avait une belle situation dans l’édition, en tant que directeur des ventes de la région Centre pour les éditions Alpha/Atlas. Arrivé en haut de la pyramide, avec l’envie de voir plus souvent ses enfants, il plaque tout pour créer sa propre entreprise en Creuse, où sa femme possède une maison familiale.

 

 

 
Il choisit de construire des piscines. Pourquoi ? « Parce que je voulais une entreprise viable et que j’étais le premier sur ce secteur » ! A l’époque, les banquiers ne le suivent pas. « Aujourd’hui, on me traite d’opportuniste ! ». Car l’aventure est un succès et Mak’eau a disséminé près de deux cents bassins dans le département. Le créneau choisi est précis et très loin des piscines en kit : des piscines haut de gamme, avec bassin en béton, chauffage, volet roulant, système de filtration sophistiqué, robot de nettoyage, etc. « Ce qui est difficile dans une piscine, c’est de déterminer l’emplacement final qu’aura le bassin car ici, tous les terrains sont en pente. Pour un résultat réussi, il faut donner l’impression que la piscine a toujours été là », commente Pierre. Récompense de cet esprit, en 1993 , Mak’eau a reçu une Piscine d’or, une distinction décernée par le magazine Ambiance Piscine.
 

Pour vendre ses piscines, Pierre utilise son passé de commercial. « L’édition m’a donné la connaissance de la négociation et je n’ai pas peur de vendre un prix », explique-t-il. Il a aussi un vrai contact avec le client, et chaque projet est longuement discuté. Entre la première rencontre et la livraison de la piscine, il se passe parfois un an ou deux.


Non seulement Mak’eau est sur un marché qui se porte bien, mais l’entreprise assure également son avenir, car les bassins existants ont besoin d’être entretenus et, quand les propriétaires ne viennent que pour les vacances, ils n’ont pas envie de perdre une après-midi à ouvrir et préparer leur piscine et une autre à la fermer. « Nous passons deux mois par an à effectuer la mise en route de printemps et à faire l’hivernage », raconte Pierre, qui pense même un jour ne faire plus que ça. A moins que d’ici là, il ne soit parti pour les côtes du Sénégal sur un voilier de 15 mètres, son rêve…

Les piscines ont la cote dans notre beau département rural

D’après Pierre, le marché est énorme et la Creuse le département où il y a la plus forte concentration de piscines par rapport au nombre d’habitants. La moitié de la clientèle est locale, l’autre est constituée de Français qui ont une résidence secondaire mais aussi d’Anglais et de Hollandais. Les piscines creusoises ont leurs particularités : « La Creuse est un pays de tradition et il faut utiliser des matériaux qui s’apparentent à l’esprit de la région », explique Pierre. Le tour de la piscine est en granit et non en pierre reconstituée, et le liner (membrane qui recouvre le bassin) est d'un blanc pur au lieu du bleu ou vert plus courants dans les autres régions. Ce qui n’empêche pas l’eau d’avoir une jolie couleur bleue. En revanche, le carrelage et les mosaïques sont peu utilisés au fond de l’eau car le gel, courant dans la région en hiver, peut faire de gros dégâts.

Reste que les piscines creusoises ont pour certaines la particularité d'avoir des vues imprenables sur des vallées. Tandis que d'autres permettent d'avoir l'impression de plonger au milieu d'un champ.


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