St Pierre de FursacCommune de St Pierre de Fursac

Fursac.

Vue générale de FursacLes deux communes siamoises de Saint Etienne et Saint Pierre de Fursac sont jumelées par un bourg unique simplement appelé "Fursac". [1]

Il n'en a pas toujours été ainsi. Les deux bourgs sont longtemps restés séparés par un bras de la Gartempe qui passait derrière l'église de St Etienne, suivant la limite des deux communes. A une époque non déterminé, le gué on le pont qui enjambait le bras de la rivière furent détruits par une crue violente. Le bras fut comblé; Saint Etienne et Saint Pierre ne formèrent qu'un seul bourg.

Eglise de St PierreA l'époque de St Louis, St Etienne était anglais, St Pierre était français. Il fallut attendre 1527 pour que les deux paroisses soient définitivement rattachées à la couronne de France, l'une au Poitou, l'autre au Limousin. A la veille de la révolution française, les deux bourgs n'utilisaient toujours pas les mêmes poids et mêmes mesures !

Jusqu'en 1789, Fursac fut, en quelque sorte, un poste frontière bâti au fil des rivalités politiques entre l'Angleterre et la France, entre le Limousin et le Poitou, entre le prieuré de Bénévent et la prévôté de La Souterraine. Saint Etienne avait la rive gauche et la vallée  de la Gartempe, Saint Pierre aurait la rive droite et la falaise en surplomb.

L'église.

Bien que les deux églises existassent dès 1090, la création de Saint Pierre est certainement postérieure à celle de Saint Etienne. L'église fut construite sur un promontoire rocheux dominant la rivière et Saint Etienne.

Pilier octogonalDe l'édifice de 1090, il ne reste peut-être que le chapiteau supportant le bénitier. Le clocher fut ajouté au XIIIème siècle, le choeur au XIVème et la nef fut rebâtie au XVème siècle. La voûte de la nef est soutenue par quatre colonnes octogonales dépourvues de chapiteau et qui s'épanouissent en huit nervures ogivales.

Ange GabrielDe nombreuses pierres tombales parsèment le dallage. Deux d'entre elles, identifiables par un calice, sont des sépultures de prêtres; une autre, marquée d'une épée est celle d'un chevalier.

Une fresque représentant l'Apocalypse, peinte sur la voûte du choeur, n'est plus visible aujourd'hui.

La chapelle de Chabannes (sacristie) fut ajoutée au début du XVIème siècle; elle est placé sous le vocable de St Michel. Le superbe vitrail qui ornait la fenêtre est réduit à une bande représentant la Crucifixion. La chapelle rappelle étonnement par ses dimensions et sa voûte plantagenaise à cinq clés, la chapelle du Masgelier construite quelques années plus tard dans l'église du Grand Bourg.

Dans une niche du choeur, une grille protège une statue en bois polychrome du XVème; les érudits pensent qu'il s'agit de l'Ange Gabriel.

Chabannes.

Saint Pierre appartenait au fief de Chabannes (à 4 km, direction A20).

Adémar de Chabannes (989-1034) moine historien et musicien, nous a laissé une "Messe apostolique pour st Martial" et divers ouvrages conservés à la bibliothèque universitaire de Leyde et des "Chroniques" conservées à la BNF à Paris.

Horloge de ChabannesLe château du seigneur de Chabannes-Guerguy, hélas réduit à l'état de tumulus, fit partie, jusqu'en 1278, de la seigneurerie de Cros dont il reste un château dans le village situé un peu plus au nord. Jusqu'au début du XXème, le bourg restera un centre artisanal très actif.

En 1863, un tailleur de pierre du bourg termina une des colonnes octogonales de l'église, restée à l'état d'ébauche pendant quatre siècles.

Autour de Chabannes, on cultivait le chanvre. Une source, captée au Moyen Age, alimentait des bassins où le chanvre "rouissait" pendant plusieurs semaines. Passé au four, les fibres se détachaient et on tissait des toiles.

Enfant, ma marraine me racontait que le "Chabanou" décrit par H.Malot dans "Sans famille", était, en fait, Chabannes. Plus sérieusement, Chabannes peut être cité parmi les "Justes de France" pour avoir hébergé pendant la guerre 39-45, une colonie d'enfants juifs (route de Tancognaguet). Cette histoire vient de donner naissance à un film "Les Enfants de Chabannes".

Sur la place, une curieuse horloge semble inspirée des traditionnelles lanternes des morts.

Tancognaguet.

Le village de Tancognaguet se trouve au nord de Chabannes (par la D73). Ce village est célèbre pour son étonnant jardin "sauvage" (ouvert à partir de mai, tous les jours de 15h à 20h, sauf le mardi;  renseignements et réservations au 05.55.63.63.22).

D'un parc de 5 ha à l'abandon, les propriétaires ont fait un jardin attrayant, conservant, ça et là, les plantes, les arbres et les arbustes les plus remarquables. Des oeuvres d'art contemporain agrémentent le tout. C'est un jardin "déstructuré" propice à la flânerie et aux découvertes.

Au village de Cros, Christophe Planchon, ébéniste d'art, fait visiter son atelier de marqueterie (exposition de ses oeuvres, mais aussi fabrication et démonstration). Ouvert l'après-midi, du mardi au vendredi; renseignements et réservations au 05.55.63.68.61.

La municipalité a fait aménager autour de Saint Pierre de Fursac trois circuits de promenade, piétons et VTT. [2]

Saint Pierre de Fursac est aussi raconté par les enfants sur le site web de leur école. Allez les voir !


[1] Pour tout savoir sur Fursac, il faut se référer au petit libre de René Labrouse publié en 1981 par la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse.
[2] Voir le Guide des Sentiers et Randonnées du Pays des Eaux vives, publié par l'Office de Tourisme de la Communauté de Communes de Bénévent / Le Grand-Bourg.
2, rue de la Fontaine
23210 Bénévent l'Abbaye.
Email: ot.eaux.vives@wanadoo.fr

encreuse.com
27-sep-04

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Rédaction:
Alain Tixier
(juin 1999 - septembre 2000)


Crédit photos: Christine et Alain Tixier, BNF Paris